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Current exhibition

Unknown Data
Sheila Hicks
Exhibition from September 6th, 2014 to October 18th, 2014
Tuesday - Saturday, 11am-7pm
Opening on Saturday, September 6th

Pour comprendre que son intérêt réside moins dans la technicité d’un savoir-faire artisanal du textile que dans l’élaboration émancipatrice d’un nouveau langage, il faut visiter l’exposition de Sheila Hicks à la galerie frank elbaz. Lors de la préparation de ce projet, l’artiste souhaitait que l’appareil critique qui entoure son oeuvre soit renouvelé afin d’envisager son travail sous un angle différent, évoqué par le titre Unknown Data choisi pour l’occasion. L’exposition, qu’elle considère comme une « explosion confidentielle », est parcourue par des flux sous-jacents et des données invisibles, à l’instar des fils colorés qui constituent le coeur de ses lianes (Atterrissage, 2014, Cordes Sauvages, 2014, La Sentinella, 2013, Fleuve Fantôme, 2014) ou des objets personnels cachés à l’intérieur de ses balles de fibres (Trésor des Nomades, 2014). La démarche de Sheila Hicks est presque sémiologique, dans le sens d’une déconstruction de la structure des médiums artistiques
traditionnels – comme semble le suggérer le très barthésien motif S/Z, inspiré par des tissages magiques précolombiens, que l’on découvre dans la composition Vermala Blanche (2014) ou Quatre temps (2014). L’ensemble de son oeuvre est un recyclage perpétuel. Chaque nouveau projet détricote l’exposition précédente afin d’adapter son vocabulaire formel à l’espace suivant. Cette déconstruction permanente est l’outil qui permet à l’artiste d’élaborer un nouveau langage, celui qui surgit d’un espace coloré émancipé, situé dans l’intervalle entre peinture et sculpture.

Gallien Déjean (extrait)


To understand that what is interesting about Sheila Hicks’ work lies not so much in the savoir-faire artisanal of textile as in the emancipating elaboration of a new language, you need only visit her exhibition at the galerie frank elbaz. While preparing this project, Hicks expressed the wish that the critical apparatus surrounding her work should be renewed, so that it might be seen from a different angle. The title she has chosen for the occasion is Unknown Data. The exhibition, which she thinks of as a ‘confidential explosion’, has underlying currents and invisible data running through it, like, for example, the coloured yarns which constitute the core of her lianas (Atterrissage, 2014, Cordes Sauvages, 2014, La Sentinella, 2013, Fleuve Fantôme, 2014) or the personal affairs hidden inside her balls of fibre (Trésor des Nomades, 2014). Sheila Hicks’s approach is almost semiological, in the sense that it is a deconstruction of the structure of traditional artistic mediums – as the very Roland Barthes motif S/Z would seem to suggest; the motif is inspired by pre-Columbian “brujaria” weaving and is a feature of the compositions Vermala Blanche (2014) and Quatre temps (2014). Her entire oeuvre is a perpetual recycling. Each new project unravels the previous exhibition to adapt its formal vocabulary to the next space. This constant deconstruction is the tool which enables the artist to elaborate a new language that arises out of an emancipated colour space at the interval between painting and sculpture.

Gallien Déjean (extract)